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Le concours a-t-il toujours un avenir pour le recrutement des membres de la fonction publique ?

Posté le mardi 08 septembre 2009

Le concours d'entrée était jusqu'à présent le mode traditionnel de sélection des futurs membres de la fonction publique française.
Il est possible aujourd'hui de s'interroger sur l'avenir de ce mode de sélection.
Un décret n° 2009-756 daté du 22 juin dernier laisse planer le doute.
Il s'agit d'un texte fixant les modalités d'organisation des concours pour le recrutement des attachés territoriaux.
Si le principe du concours est maintenu, son contenu en est pour le moins amoindri.
Les épreuves d'admissibilité voient disparaître le droit public, l'économie, les institutions et les relations sociales pour ne retenir que la culture générale et la note de synthèse.
Au titre de l'admission ne sont plus maintenues que la discussion avec le jury et l'épreuve de langue vivante dont la durée est divisée par deux.
Disparaissent ainsi des épreuves les finances publiques, le droit civil, la gestion administrative ...
Cet allègement des épreuves est d'autant plus étonnant qu'il s'agit de sélectionner des attachés territoriaux dont nombre d'entre eux devront connaître et les finances publiques et le droit public, tout au moins, s'ils veulent parfaitement maîtriser les rouages des collectivités publiques dont ils seront chargés ...
Ce constat permet donc de s'interroger sur les raisons qui ont conduit le pouvoir réglementaire à alléger le programme de la sélection.
Outre les raisons traditionnellement avancées telles que la lourdeur du concours, son coût ou même le fait qu'il soit source de contentieux, on doit s'interroger sur un avenir plus incertain pour le concours en tant que mode de recrutement dans la fonction publique.
Plusieurs indices permettent de répondre à cette question.
Le décret fait disparaître les épreuves juridiques au profit d'une discussion avec un jury. Il n'est plus nécessaire d'être titualire d'un diplôme de droit pour s'inscrire au concours. Les candidats devront se contenter de montrer leur capacité à se projeter dans leur futur environnement professionnel.
Sans doute le pouvoir réglementaire a-t-il souhaité faciliter un recrutement plus ouvert.
Il n'empêche, ce concours semble vidé de son contenu alors qu'il s'adresse à des candidats qui devront maîtriser des matières juridiques souvent techniques et complexes, candidats qui n'ont pas besoin de diplôme de droit pour se présenter au concours ...
Cette inquiétude ne peut que se trouver confortée quand on sait que la formation d'intégration des attachés territoriaux a été réduite à cinq jours en 2008 !

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